Réussir à rejoindre la Table Finale
Vous devriez maintenant être prêt à recevoir nos conseils stratégiques pour cette prochaine étape dont l’objectif est de rejoindre la table finale.
Bon, commençons par redescendre sur terre: il n’existe aucune règle universelle qui vous dictera comment réussir cette étape du tournoi, à savoir celle qui suit la bulle. D’ailleurs, une des expressions les plus communes des barbes grises du poker est: “Ça dépend.” Classique… mais frustrant.
Et elle marche à tous les coups:
Dois-je suivre, relancer, me coucher lorsque je possède un A-D et que je suis placé au milieu?
J’ai le bouton du dealer et un joueur vient de se mettre all-in sur un pari qui me prendrait 1/3 de ma pile de jetons – dois-je suivre?
Lors de la main précédente, j’ai payé la petite blind, et je dois aller all in avant que les blinds reviennent à ma place – quelles mains dois-je jouer?
Vous voyez?
Bon, nous pouvons peut-être vous aider pour la dernière question – suivez si vous avez des paires, des as et deux autres cartes– et votre position compte pour beaucoup (Voir Rejoindre la Bulle, 3ème Partie).
Le Poker est un jeu fabuleux qui pénalise ceux qui pensent qu’il existe des règles pour tous les mouvements. Le royaume de la convention ne prend pas ici. Prenez Gus Hansen, par exemple, c’est l’un des meilleurs joueurs du monde et pourtant ceux qui tentent d’imiter son style se font plus souvent éjecter que couronner.
Au niveau le plus élevé du tournoi, vous devez connaître vos adversaires. A ce moment-là, cela fait déjà 3-4 heures que vous jouez, et avec un peu de chance, cela fait aussi un bon bout de temps que vous êtes sur la même table. Votre but est de connaître vos adversaires aussi bien que vos proches, si bien que lorsque l’un d’eux tombe, c’est comme un décès dans la famille (et les autres sont les rapaces qui n’attendent que l’héritage).
Par exemple:
Cette petite pile cache-t-elle un Kamikaze?
Cette relance sur le gros pot signifie-t-elle seulement qu’il essaie de piquer les blinds? Si oui, que dois-je faire de ce fait là?
Ce joueur est-il un grand-père… inquiet pour sa facture d‘électricité?
Vous devez être capable de discerner ceux qui jouent sous pression. Vous devez connaître les habitudes d’un joueur qui parie, sa façon de choisir les cartes et son profile (la plupart d’entre nous, même si c’est dur à admettre, est prévisible).
Lisez le livre La Psychologie du Poker d’Alan Schoonmaker. Même s’il fait pas mal de remplissage, il décrit assez bien les différents types de joueurs qu’on rencontre sur les tables.
Qui se trouve à ma table?
L’Avare – Passif – ce joueur contribue à quelques pots mais mise rarement, à moins qu’il ait une superbe main, mais il ne relance pas bien haut. Imaginez que vous avez Mike Brant à table.
L’Avare – Agressif – ici aussi, il contribue peu aux pots, mais relance dès qu’il se sent impliqué et essaie de dominer l’action. Pas un gros bluffer, il essaie de maximiser ses gains sur un petit nombre de mains. Frank Sinatra en mode Vegas.
L’Indécis -passif – il joue presque toutes les mains mais ne force pas l’action. Il suit habituellement. Type Bryan Adams jeune.
L’Indécis – Agressif – un cauchemar. Impossible de le démasquer. Il joue beaucoup de mains et relance la plupart. Il ne va pas souvent aussi loin, mais s’il est bon, il est alors impossible de l’arrêter, comme le danois Gus Hansen. S’il est moyen, voire mauvais, il ressemble plutôt à Ozzy Osbourne.
Mettez-vous dans le même état d’esprit que le plus grand des mélomanes, sachez exploiter le talent. L’avare – Agressif semble être un bon style de jeu, mais souvenez-vous qu’il n’existe pas de règle stricte pour réussir.
Le problème, c’est que les meilleurs joueurs de poker trouveront vos faiblesses et les exploiteront.
Comme éviter cela?
Tout d’abord, tous les types de joueurs que Schoonmaker identifie ont leurs faiblesses:
L’Avare – Agressif – se couche trop souvent.
L’Avare – Passif – suit trop souvent mais ne sait pas remporter la valeur maximale de ses jetons.
L’Indécis -passif – perd des jetons à vouloir voir trop de flops, et il paie du coup trop de mains.
L’Indécis – Agressif – perd des jetons en bluffant trop souvent.
Isolez votre adversaire du mieux que vous pouvez et changez votre jeu en conséquence. La pression financière est maintenant très intense et seulement peu de mains vont jusqu‘à l’abattage. Cela signifie que jouer L’Indécis – Agressif peut payer.
Vous devez développer vos intuitions sur la table, et vous adapter en conséquence. Rappelez-vous que “cela dépend” – votre boulot, c’est de savoir de quoi cela dépend exactement. Si vous observez suffisamment vos adversaires, vous prendrez de sages décisions… et vous arriverez à la table finale.
